Des appels à la cessation des
hostilités en Ossétie du Sud ont été lancés vendredi par les
institutions européeennes et plusieurs pays occidentaux inquiets devant
le risque d'un basculement dans la guerre de cette république
séparatiste de Géorgie.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son inquiétude devant
l'aggravation de la situation en Ossétie -- où les combats font rage
entre Géorgiens et Ossètes soutenus par la Russie-- mais n'a pas réussi
à trouver un accord sur une déclaration appelant les parties à renoncer
à la force. Des centaines d'habitants de la capitale de l'Ossétie
du Sud, Tskhinvali, ont été tués dans l'offensive géorgienne, a affirmé
le président de ce territoire indépendantiste, Edouard Kokoïty. "Nous
regrettons qu'il n'ait pas été possible jusqu'à présent de trouver un
accord sur une déclaration du Conseil de sécurité sur ce sujet", a
indiqué l'ambassadeur adjoint de Grande-Bretagne à l'ONU Karen Pierce
lors d'une réunion d'urgence convoquée par la Russie. En
revanche, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe
(OSCE), le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ont demandé aux
parties impliquées de cesser les hostilités et d'entamer des
négociations. Le président de l'OSCE, le Finlandais Alexander
Stubb, a "exhorté les Géorgiens, les Ossètes du Sud et les Russes à
mettre fin aux opérations militaires et à arrêter toute nouvelle
escalade", indique un communiqué reçu à Vienne. "Une guerre aurait un impact dévastateur pour l'ensemble de la région" du Caucase, a-t-il souligné. M.
Stubb a précisé être en "contact permanent" avec les Etats-Unis et
l'Union européenne et avoir appelé Moscou à faire preuve de "maîtrise". Le
Conseil de l'Europe a appelé vendredi à "un cessez-le-feu immédiat et
inconditionnel" en Ossétie, a affirmé le secrétaire général de
l'organisation, Terry Davis, dans un communiqué publié à Strasbourg. La
Commission européenne et le diplomate en chef de l'UE Javier Solana ont
appelé à un arrêt immédiat des affrontements. "Nous sommes très
préoccupés par l'évolution dramatique de la situation", a indiqué M.
Solana. Le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer a
appelé "toutes les parties à un arrêt immédiat des affrontements armés
et à (...) des discussions directes", a indiqué le porte-parole. La
Maison Blanche a lancé un appel similaire à des "discussions directes",
selon un porte-parole qui accompagne le président George W. Bush à
Pékin. La France, qui préside l'Union européenne, a appelé à une
"cessation immédiate des hostilités" en Ossétie et a affirmé qu'elle
multipliait les contacts pour tenter de résoudre la crise. Seules des négociations "peuvent permettre de trouver une issue à
cette crise", indique un communiqué du ministère des Affaires
étrangères qui "réitère l'attachement de la France à la souveraineté et
à l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières
internationalement reconnues". La chancelière allemande Angela
Merkel a appelé les parties "à la plus grande modération et à la
retenue", et Londres a joint sa voix aux appels à un cessez-le-feu
immédiat. La Turquie, voisine de la Géorgie, a appelé instamment vendredi Tbilissi et l'Ossétie du Sud à ouvrir un "dialogue direct". Le
président polonais Lech Kaczynski a qualifié d'"inadmissible" toute
ingérence dans les affaires intérieures de la Géorgie sans mentionner
la Russie. "Le président considère que l'intégralité territoriale de la
Géorgie dans ses frontières légitimes reconnues (...) et sa pleine
souveraineté doivent être respectées sans conditions", selon son
cabinet. L'aggravation de la situation humanitaire a conduit le
Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à demander l'ouverture
d'un "couloir humanitaire" en Ossétie du Sud pour permettre
l'évacuation des blessés. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a fait état de centaines de personnes privées de foyers par les combats. |